Jean-Matthieu DOMON

Artiste invité

Jean Matthieu Domon préfère le noir et blanc ; qui, dit-il, plus rapidement que la couleur, va directement à l’essentiel; plutôt que d’être réaliste, la photo en noir et blanc interprète, aide à voir ; en révélant par exemple tout ce qu’il y a de répétitif, d’étrangement pareil dans les squelettes foliaires du monde végétal : feuilles de toutes espèces mais qui, toutes et sans exception, recherchent dans leurs formes, leur lignes, découpes ou pliures : l’harmonie, l’équilibre et la symétrie ; comme si une telle beauté était aussi nécessaire que l’efficacité chimico-physique de la photosynthèse.

Pourquoi la Nature ne se contente-t-elle pas d’efficacité ?

Pourquoi, comme Léonard de Vinci dans ses inventions, ajoute-t-elle à la perfection scientifique et technologique, la beauté et l’élégance absolue des formes ?

Pourquoi aussi les étoiles de mer ont-elles le même dessin que le cœur de certaines feuilles ?

N’y aurait-il qu’un seul dessinateur ou plusieurs se seraient-ils copiés entre eux?

Jean-Matthieu n’a pas fini de chercher; ne se contentant pas du secours ni des explications de la Religion…

Pourquoi aussi la Beauté surgit-elle  là où on ne l’attend pas ?

A Rome où il habite, il est depuis longtemps fasciné par la banlieue où se mêlent restes antiques et laideur de la modernité quand cette dernière n’a pas les moyens ; avec des morceaux de statues et visages antiques à moitié noyés dans le béton lépreux des locatifs…

Mais pourquoi donc de tels lieux finissent-ils, pour Jean-Matthieu, par être beaux ?

Alors qu’ils devraient inspirer dégoût et colère devant tant de folie, il s’en dégage pour ses photographies, avec le passage du temps, une poésie, une obligée et douloureuse compréhension de la condition humaine : « parlons d’idéal inaccessible ou de possibilités grandioses non atteintes » dit-il.

Alors quoi ? La Beauté serait-elle là pour consoler, aider à surmonter la souffrance, faire vivre l’espoir ? « J’aime la vie, je suis fou d’elle, dit Jean-Matthieu : elle m’intrigue, je l’aime si fort que j’aime tout d’elle, y compris sa laideur ».

Site web de Jean-Matthieu Domon.