Isabelle THILTGÈS

Artiste invitée

«Je sors de chez moi et rencontre
des oiseaux…».
Elle en parle avec émotion, comme de rencontres personnelles…
De retour à l’atelier, les mains d’Isabelle se jettent sur la terre…

Tout va d’abord très vite… pour ne rien oublier, de ce moment fabuleux où l’oiseau ose un virage, une vitesse, une figure acrobatique, normalement impossibles…

Ensuite, c’est plus long; il faut, au couteau ou à l’ébauchoir, chercher et infiniment caresser les courbes parfaites accrochant la lumière.

Elle veut, librement, tout dire: à l’arrière d’un beau masque africain, elle en sculpte
un deuxième, qui pleure, une flèche dans
le cerveau: derrière l’apparente sérénité, par- fois, le désespoir…

Sculptant l’animal, elle parle aussi de l’homme: il risque ses ailes, cet oiseau qui, dans une fraction de seconde, va passer à toute vitesse dans un dernier cercle étroit.

Il s’y prépare, franchissant des anneaux
de plus en plus serrés… Prendre des risques pour vivre ou survivre. Ou assumer des rêves d’oiseau… On songe à ces wingsuiters, nou- veaux Icares qui à 200 km/h, en montagne, jouent leur vie à passer un trou de deux mètres…

Ou ses pingouins de l’hémisphère sud… Elle a pour eux et leur volonté, toutes les tendresses: incapables de voler, ils marchent presque comme l’homme, vivent en couple, réussissent à se retrouver parmi des milliers, protègent leur œuf unique comme un trésor, affrontant les pires conditions qu’un être vivant puisse connaître…

Dans le gouffre de Padirac, les oeuvres d’Isabelle Thiltgès fusionnent avec la nature…

Comme, sur cette vraie plage, touchant la mer son immense oiseau aux ailes l’une au-dessus de l’autre, en verticale. Sent-il qu’autour de lui, tout lui ressemble ? Que l’immense vague qui se prépare a les mêmes courbes que ses ailes… qui elles-mêmes font écho aux dunes, sculp- tées par le vent…

Rien que des formes, lignes ou mouvements qui se ressemblent, se rassemblent, tendus vers une
même perfection…

Site web de Isabelle Thiltgès